Corinne Vignon
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"La corrida, c'est de la torture" : députée (Renaissance) de Toulouse, Corinne Vignon votera l'interdiction
18/11/2022

"La corrida, c'est de la torture" : députée (Renaissance) de Toulouse, Corinne Vignon votera l'interdiction

Lors du dernier mandat déjà, elle avait fait de la défense de la condition animale l’un de ses grands chevaux de bataille. Elle avait notamment déposé des propositions de loi contre la maltraitance afin de parvenir à la fin progressive des animaux sauvages dans les cirques, pour l’interdiction des élevages à fourrures, ou encore pour le permis de détention d’un animal de compagnie. 

 

Réélue en juin dernier au Palais Bourbon, la députée (Renaissance) de la 3e circonscription de Haute-Garonne Corinne Vignon persiste et signe, au sujet de l’interdiction de la corrida : « Je voterai pour la proposition de loi portée par Aymeric Caron », le député (LFI) de Paris.

LA DÉPUTÉE PROPOSE DEUX AMENDEMENTS

« Ma position est extrêmement claire, et indéboulonnable », assure l’élue à Actu Toulouse. « En 2021, j’ai signé une tribune contre la corrida (avec 35 autres députés, ndlr), je ne vais certainement pas me déjuger ». Corinne Vignon entend au contraire faire entendre sa voix et portera « deux amendements » sur cette proposition de loi.

"Le premier amendement, c'est de laisser un délai de cinq ans avant l'entrée en vigueur de la loi : au même titre qu'on l'a laissé aux circassiens pour l'interdiction des animaux sauvages dans les cirques, il faut laisser aux professionnels de la tauromachie un peu de temps pour se reconvertir. Le second, c'est que pendant cette période, je propose que la corrida soit immédiatement interdite aux moins de 16 ans".

Corinne VignonDéputée de la 3e circonscription de la Haute-Garonne

Considérant que « les enfants supportent beaucoup moins bien la corrida que les adultes », et que « la vue du sang les traumatise », Corinne Vignon fait observer « qu’une enquête a été menée par des chercheurs espagnols et britanniques sur 240 enfants de Madrid, qui ont pourtant la culture de la tauromachie, afin de connaître leurs sentiments après avoir regardé une corrida, et à la sortie, 52,8 % se disaient affectés et tristes ».

 

« LA SOCIÉTÉ AVANCE, IL FAUT AVANCER AVEC »

« Défendre la culture, les traditions, je veux bien, mais la corrida, c’est de la torture à 100 %« , avance ainsi Corinne Vignon ». On ne peut plus y être favorable ».

"Je ne suis pas une traditionnaliste, mais une progressiste. La société avance, et nos lois doivent avancer avec. Il faut suivre l'exemple de Barcelone, où j'ai vécu, et où on a depuis longtemps interdit la corrida, alors que c'est ancestral en Espagne".

Corinne Vignon

La parlementaire n’en fait donc pas mystère : « La joie autour d’un spectacle de mort ne me ravit pas. La corrida, c’est une souffrance inutile ». La parlementaire cite les chiffres d’un sondage réalisé par l’Ifop en février 2022, où « 87 % des Français se disaient opposés à la corrida ».

« ON AFFAIBLIT LA BÊTE POUR QUE L’HOMME GAGNE »

Sur le fond, la députée estime que non seulement « la souffrance animale est terrible », mais que « les dès sont pipés » lors de chacun de ces spectacles au grand air.

 

« Aujourd’hui, il y a des pratiques interdites, comme celle de la coupe du bout des cornes (auxquelles on enlève 2 cm pour retirer au taureau son viseur) ou celle de l’afeitado (qui consiste à épointer les cornes du taureau, de façon à lui donner une forme arrondie, et faire en sorte qu’il puisse difficilement encorner), mais nul ne peut assurer que l’interdiction de ces pratiques soit respectée », brandit Corinne Vignon. 

"C'est censé être le combat de l'intelligence contre la force, mais il est totalement biaisé et non loyal. Si le taureau arrivait face à l'homme sans picador, sans banderille, et sans afeitado, tous les toreros seraient morts ! En réalité, on affaiblit la bête pour que l'homme gagne".

Corinne Vignon

« La partie la moins pire de la corrida, c’est en réalité la mise à mort », juge Corinne Vignon. « Car c’est la seule où le taureau ne souffre plus ».

DOMINIQUE FAURE EN PREMIÈRE LIGNE

Pour l’heure, la proposition d’Aymeric Caron sur l’interdiction de la corrida en France n’a été examinée qu’en commission des lois. C’est jeudi 24 novembre que l’Assemblée devrait théoriquement être amenée à la voter. Le député LFI veut modifier le Code pénal qui punit déjà la maltraitance animale, mais dont les sanctions prévues à l’article 521-1 « ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée ». Il considère lui aussi que la corrida est une « exception qui n’a plus lieu d’être », car c’est une « torture » des taureaux.

L’initiative portée par l’ancien journaliste, militant de la cause antispéciste, divise l’Assemblée… et tous les camps politiques, surtout dans le Sud de la France où ses défenseurs invoquent le respect des traditions. Comme le précisait mercredi actu.fr, c’est justement au nom de la défense d’une « tradition culturelle » dans le Sud-Ouest et le pourtour méditerranéen que le gouvernement compte s’y opposer, mais sur ce sujet qui cristallise les passions, la majorité entend aussi laisser le champ libre à ses députés : « Notre groupe nous laisse une liberté de vote et je la prends allègrement », sourit Corinne Vignon.

Face à Aymeric Caron, c’est une autre élue de Toulouse qui va défendre… la position du gouvernement. La secrétaire d’État en charge de la Ruralité Dominique Faure sera sur le banc des ministres, en lieu et place du garde des Sceaux Éric Dupond-Moretti, jugé trop favorable à la corrida. Mardi, lors d’une réunion du groupe Renaissance, l’ex-vice-présidente de Toulouse Métropole aurait appelé à ne pas « tomber dans le radicalisme du député » qui porte le texte : « Il ne faut pas opposer émotion et attachement au terroir ».

UNE MANIFESTATION ANTICORRIDA À TOULOUSE SAMEDI

L'examen de la proposition de loi d'Aymeric Caron va également entraîner des mobilisations ce week-end. Samedi, dans plusieurs villes taurines, des élus de tous bords et des aficionados vont défendre la corrida. Dans le même temps, des associations de protection des animaux vont manifester contre cette pratique, notamment à Toulouse, où le Comité radicalement anticorrida (CRAC) a prévu une action, samedi 19 novembre à 10h30, au niveau du square de Gaulle.

DÉPUTÉS DIVISÉS, ET GERSOIS VENT DEBOUT

Si ce sujet enflamme les débats, il divise à l’intérieur même des familles politiques. Chez les insoumis et les écologistes, la ligne pro-interdiction semble largement avoir les faveurs des députés, mais au Parti socialiste ou au Rassemblement national, les positions divergent plus largement. Et chez Les Républicains, une majorité de parlementaires devrait soutenir la « tradition taurine ».

Reste la majorité présidentielle, où le sujet déchaîne les passions. En 2021, Aurore Bergé, devenue depuis présidente des députés Renaissance, avait elle-même signé – avec Corinne Vignon donc – ladite tribune pour interdire la corrida, « une pratique barbare ».

À l’inverse, les députés du Gers, département à forte tradition taurine, s’opposent frontalement à son interdiction. Interrogé par Actu.fr à la rentrée, le député de gauche (non-inscrit) de la 2e circonscription – où se trouve Vic-Fezensac, place forte de la tauromachie -, David Taupiac mettait en avant « une tradition taurine très ancienne » sur son territoire. Ce proche de la présidente de Région Carole Delga se disait « très attaché à (s)a préservation ».

L’autre député (Renaissance) du département, Jean-René Cazeneuve, est plus vindicatif : « Ça va disparaître tout seul, il y en a de moins en moins. Ça ne sert à rien de l’interdire et d’humilier des gens pour qui ce sont des traditions », a-t-il confié à nos confrères de l’AFP. Il a également chargé le député qui porte la proposition de loi : « Après la corrida, ce sera le foie gras, le barbecue, les escargots, les huîtres : où arrêtez-vous la maltraitance animale ? On le connaît l’animal Caron. On sait que c’est un premier combat ».

« Comme Monsieur Caron est extrêmement engagé, politisé et antispéciste, cela pose problème à beaucoup de mes collègues », admet d’ailleurs Corinne Vignon. À ses yeux, l’insoumis clive tellement que cela ne servira pas forcément la cause. Elle marque sa différence : « Moi, je suis contre la maltraitance animale, mais je ne suis pas antispéciste, je ne suis pas contre la chasse et je mange de la viande ». Mais l’élue restera droit dans ses bottes, car dit-elle, « je considère le plus important, c’est le fond ».

Actu Toulouse

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