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Ébranlé, le secteur de l’événementiel se relève de la crise
29/09/2021

Ébranlé, le secteur de l’événementiel se relève de la crise

Durement frappé par des mois de restrictions sanitaires, le secteur de l'événementiel est aujourd’hui à bout de souffle avec une société sur trois en situation de faillite et des milliers d’emplois menacés. Si la tenue des événements au format numérique a pu constituer un palliatif temporaire pour le secteur, le modèle digital peine encore à convaincre les organisateurs, qui y voient une déshumanisation néfaste. Pas question donc pour la profession de se priver de la manne des événements physiques, encore essentiels à la survie du secteur.

UNE REPRISE SALVATRICE DES ÉVÈNEMENTS PHYSIQUES

Ordinairement, 2 800 congrès, 1 200 salons et près de 400 000 événements plus modestes sont organisés par la profession. Des chiffres faramineux qui, dans leur majorité, ont été annulés pendant la crise sanitaire. Du plus grand festival de musique jusqu’au salon professionnel confidentiel, rien n’a été épargné aux professionnels de l’événementiel. Le Global Exhibition Barometer, l’index de référence sur l’état de santé de la profession, a d’ores et déjà acté une chute de 80 % du chiffre d’affaires du secteur en 2020, représentant peu ou prou une perte de 5 milliards d’euros.

 

En plein désarroi, le secteur a trouvé dans le digital un palliatif plus ou moins viable, comme en témoigne le recours colossal aux entreprises spécialisées dans les visioconférences, les webinaires ou encore la sécurisation informatique des évènements. Malgré la digitalisation, le secteur reste encore dans un état de grande fragilité. Pas question, donc, de mettre un terme aux aides publiques, selon la députée LREM Corine Vigneron, qui explique que l'événementiel est « gros pourvoyeur d’emplois directs et indirects » et qu’il est « nécessaire que ce secteur essentiel à notre économie soit accompagné dans la reprise de ses activités ».

D’autant que l’incertitude plane encore sur la situation sanitaire, avec une proportion encore importante d’individus non-vaccinés et l’émergence de variants souvent plus contagieux et bénéficiant d’une capacité d’échappement vaccinal supérieure. Une réalité déjà en partie constatée avec la diffusion rapide et désormais incontrôlée de la Covid-19 dans sa version Delta. De même, le Pass sanitaire, qui pourrait apparaître comme une solution viable pour le secteur, se heurte à une forte opposition sociale et son déploiement à grande échelle reste encore contesté.

 

L’HEURE DES — PETITS — ET GRANDS CHAMBARDEMENTS SECTORIELS

Pour plusieurs grands acteurs, l’heure est déjà au repositionnement sur un secteur en pleine restructuration. Même chez ceux ayant failli s’écrouler en plein cœur de la crise sanitaire. Comme Comexposium, par exemple, le second acteur mondial du domaine. Endetté à hauteur de 580 millions, le groupe a été placé deux fois en procédure de sauvegarde et pourrait bien se préparer à une troisième en septembre. Mais c’était sans compter l’arrivée de deux nouveaux fonds d’investissement, Strategic Value Partners et Attestor, qui ont racheté les créances des prêteurs historiques, majoritairement composés d’organismes bancaires. Les nouveaux prêteurs, avec deux déjà présents, militent pour un épongement de la dette et que le groupe français fasse son marché parmi les entreprises à fort potentiel du secteur grâce à un apport de 175 millions d’euros, contre la moitié de la dette du groupe en actions. Une transaction que refusent les actionnaires actuels, dont l’assureur Predica et la CCI Paris-Ile-France, qui souhaitent conserver Comexposium dans la voix de la procédure de sauvegarde, avec à la clé l’étalement de la dette dans le temps et, selon certaines sources, un plan de sauvegarde de l’emploi. Et surtout, éviter de céder des sièges au board de l’entreprise.

Mais ce manque d’ambition irrite les nouveaux prêteurs, alors que beaucoup de professionnels restent confiants sur la perspective de reprise à moyen-terme du secteur et donc, sur la nécessité de s’y repositionner. « La vraie reprise se fera à partir de septembre », promet au Figaro Pablo Naklhé Cerruti, directeur général de Viparis, qui précise cependant « qu’au niveau économique, 2021 risque malheureusement de ressembler à l’année 2020 ». Les progrès indéniables dans la numérisation des évènements ne devraient de même pas couper court à l’événementiel physique, la déshumanisation des rencontres n’étant souhaitée ni par les organisateurs ni par les participants. Au contraire, ils s’affirment de plus en plus comme un apport renforçant l’expérience des évènements physiques et créant de nouvelles synergies. « Beaucoup d’événements comme celui de Vivatech seront désormais hybrides. Ce qui permet d’élargir l’audience »​, ajoute Julie Ranty, directrice de Vivatech, pour Ouest-France« Le modèle du Salon, en face à face, est très résilient, mais il faut saisir l’opportunité du digital et de la data pour maximiser la puissance de la rencontre physique et rentabiliser l’événement par des actions numériques avant, pendant et après » suggère de son côté Michel Filz, dirigeant de RX France, aux Échos.

Malgré le contexte tendu, regroupements et acquisitions de pépites se multiplient. Le rennais HelloWork a ainsi annoncé acquérir la start-up parisienne Seekube, spécialisée dans les forums virtuels de recrutement, le 12 mars dernier. WMH Project, né du rachat de Teamwork par FC2 Events, annonce multiplier les recrutements, tandis que Weezevent, l’un des leaders du cashless, a pris la main sur le groupe belge PlayPass et renforce sa position internationale.

SiècleDigital

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