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Handicap à l'école : plus de 18 000 élèves concernés par l'inclusion dans l'académie de Toulouse
12/04/2019

Handicap à l'école : plus de 18 000 élèves concernés par l'inclusion dans l'académie de Toulouse

L'académie de Toulouse compte cette année plus de 18 000 élèves en situation de handicap, dont plus d'un quart en Haute-Garonne. Soit une augmentation de + 70% en quatre ans. Le rectorat met les bouchées doubles pour embaucher plus d'accompagnants (AEHS) et renforcer les dispositifs existants en expérimentant des «pôles inclusif d’accompagnement localisé » (PIAL). La rectrice Anne Bisagni-Faure était ce matin au collège Emile-Zola à Toulouse.

Comment intégrer un élève en situation de handicap, de l’école primaire au lycée, est une question qui occupe de plus en plus l’éducation nationale. L’institution fait face, chaque année depuis 2006, à une explosion des effectifs de ces élèves qui ont besoin de toujours plus d’accompagnants (AESH), pour la réussite « d’une école pleinement inclusive », telle qu’elle est souhaitée par le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer.

Au niveau national, on est passé en un peu plus de dix ans de 155 361 élèves en situation de handicap scolarisés en milieu ordinaire à 337 795 en 2018. Le nombre d’accompagnants a aussi suivi – de 12 640 en 2006 à 60 575 en 2018 –, mais il en manque encore beaucoup. C’est encore plus prégnant dans l’académie de Toulouse qui compte cette année « plus de 18 000 élèves en situation de handicap dans les établissements, soit + 70 % en quatre ans », précise le rectorat.

 

 

L’inspection académique de la Haute-Garonne emploie actuellement 4 188 contrats AESH, et vient d’embaucher 350 personnes lors de plusieurs jobs dating. La nouveauté, c’est aussi, assure le gouvernement, la création dès 2020 de « 80 000 emplois pérennes, avec un CDD de trois ans renouvelable une fois, puis possibilité d’un CDI », et l’assurance d’un temps plein (35 heures par semaine). Le faible temps de travail, qui induit des salaires bien en dessous du smic et l’absence d’un plan de carrière, étant des revendications qui s’expriment régulièrement dans la rue à Toulouse.

Le rectorat semble y répondre favorablement qui, à chaque rentrée, se retrouve face à la réalité de ces familles (parfois plus de 300) qui attendent un AESH pour que leur enfant puisse suivre en cours. Pour pallier cette pénurie qui paralyse tout un système, les académies, sur recommandation du ministre, expérimentent depuis fin 2018 des « pôles inclusif d’accompagnement localisé » (PIAL). L’académie de Toulouse en compte 22, dont dix établissements en Haute-Garonne. Ce jeudi, la rectrice Anne Bisagni-Faure, a présenté les différents aspects de cette « démarche collective » au collège Emile-Zola (quartier Saint-Michel à Toulouse) qui scolarise seize élèves en situation de handicap (de la 6e à la 3e).

Le PIAL en bref

L’objectif des « Pial » : un meilleur dialogue avec les familles ; une meilleure implication des accompagnants au sein de l’équipe éducative ; une meilleure coordination professeurs – accompagnants ; une meilleure réponse aux besoins éducatifs de chaque élève en lien avec son handicap, etc. ».

Mais on l’aura aussi compris au gré des échanges, les dispositifs en place ne sont jamais un remède miracle pour ceux qui l’expérimentent au quotidien, les professeurs, les accompagnants, les parents, jonglant, comme l’a signalé une enseignante, entre « année scolaire et année de soins » qui ont deux rythmes différents. Et des situations complexes comme celle de cette professeure d'anglais :

"L'an passé, je me suis retrouvée avec une élève mal-voyante, sans matériel audio pour qu'elle puisse travailler, mais aussi avec un autre élève mal-entendant qui n'avait pas non plus de matériel visuel. Je me suis retrouvée dans une situation contradictoire : comment réunir par le travail ces deux élèves dans ma classe ? En fait, je me suis vite retrouvée dans une impasse de réussite pour ces élèves qui n'avaient pas d'accompagnants (AESH)".

La Dépêche du Midi

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