Corinne Vignon
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Toulouse. Les vérités de la députée LREM Corinne Vignon sur la réforme des retraites
25/09/2019

Toulouse. Les vérités de la députée LREM Corinne Vignon sur la réforme des retraites

Nommée ambassadrice de la réforme des retraites en octobre 2018, et présidente du groupe de travail transpartisan sur le sujet à l’Assemblée nationale, Corinne Vignon est l’une des élues clé de la grande réforme du quinquennat Macron, derrière Jean-Paul Delevoye, auteur d’un rapport complet et controversé sur ses préconisations, en juillet 2019.

Depuis un an, la députée LREM de la 3e circonscription de Haute-Garonne a multiplié les rencontres partout en France, et sur divers marchés d’Occitanie. Fin juillet 2019, elle avait suscité le buzz après une interview ratée au micro de LCP et avait alors expliqué avoir eu « un coup de chaud ».

Vendredi 20 septembre 2019, Corinne Vignon anime un atelier-débat sur les grands enjeux de la réforme des retraites, qui e déroulera à Quint-Fonsegrives (Haute-Garonne), au sud-est de Toulouse, salle de la Marne (à 19h). La députée toulousaine répond aux interrogations sur la réforme pour Actu Toulouse.

« Dans la fonction publique, les primes seront intégrées au calcul »

Actu Toulouse. La réforme des retraites et le contenu du rapport Delevoye entraînent de grandes craintes, et des corporations (avocats, fonction publique, RATP…) ont déjà manifesté contre cette réforme. Que leur répondez-vous ?

Corinne Vignon : « On crie au feu avant l’incendie et il y a des contestations statutaires pour préserver des acquis qui vont à l’encontre de l’universalité. Prenons l’exemple des avocats. Malgré la hausse de leurs cotisations de 14 à 28%, ils ne seront pas perdants du fait de l’évolution démographique de leur population. Dans leur métier, on était à 8,5 actifs pour un retraité en 2005. Aujourd’hui, c’est 5 actifs pour un retraité et en 2050, ce sera 1,7 actif pour un retraité. Ne pas augmenter les cotisations serait irresponsable. Ils surcotisent de la CSG (Contribution sociale généralisée, ndlr). 30% ne gagnent pas beaucoup, mais les avocats qui sont à 200 000 euros par an cotisent déjà à 28%. Nous allons aider les plus faibles et les deux milliards d’euros de réserves, car leur régime, effectivement excédentaire, va permettre d’aider les personnes en difficulté.

Dans la fonction publique, la nouveauté c’est que les primes seront intégrées au calcul. Par exemple, la fiche de paie de mon ancienne secrétaire de mairie (Corinne Vignon a été maire de Flourens, à l’est de Toulouse, de 2014 à 2017, ndlr) était constituée à 35 voire 40% de primes. Nous allons passer d’un système basé sur les six derniers mois à un système sur l’ensemble de la carrière. Dans la fonction publique, il existe deux problèmes majeurs : les aides-soignantes et les enseignants, qui sont sous-payés. L’objectif est de monter en puissance sur les 15 prochaines années concernant l’ajout de primes ».

« Oui, les régimes spéciaux vont disparaître »

Les régimes spéciaux vont-ils définitivement disparaître ?

C.V. : « Oui, ils vont disparaître dans le temps, et dès 2025 sauf changement. Il existe 42 régimes différents de retraite, ce n’est plus possible. La société change et il faut rééquilibrer ».

La réforme, qui commencera à s’appliquer pour les personnes nées en 1963, entraînera-t-elle une baisse des pensions ?

C.V. : « Il n’y aura ni perdant ni gagnant. La moyenne des retraites est de 1500 euros brut, et de 1361 euros net. Le régime de retraite n’est pas en danger, mais nous faisons une loi pour le futur. Prenez les petites retraites des agriculteurs de 650 euros par mois, ce n’est plus possible ! »

Le président de la République, Emmanuel Macron, a indiqué, fin août 2019 à la fin du G7 de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques), avoir une préférence sur la durée de cotisations plutôt que sur l’âge de départ. Où en sont les discussions à ce sujet ?

C. V. : « La réforme Delevoye évoque un âge pivot de 64 ans et le président a parlé de durée de cotisation. La concertation avec le public donnera davantage d’indication. Aujourd’hui, l’âge légal est de 62 ans mais la majorité des salariés partent à taux plein à 63,5 ans ».

Emmanuel Macron souhaite une réforme à points. Cela veut dire quoi, concrètement ?

C. V. : « Vous accumulerez des points à chaque fois que vous travaillez. Par exemple, actuellement, si vous faites moins de 150 heures dans un trimestre, ce dernier n’est pas validé. Une baby-sitter qui fait 120 heures ne valide pas son trimestre. Avec la retraite à points, ce sera pris en compte. Un euro cotisé doit ouvrir les mêmes droits. D’après le rapport Delevoye, le point serait équivalent à 10 euros. Contrairement à ce qui a pu être écrit, l’état de l’économie du pays n’aura pas de conséquences sur le montant des retraites ».

Quelles préoccupations majeures vous ont fait remonter les gens ces derniers mois ?

C. V. : « On m’a beaucoup parlé de la préservation des pensions de reversion, de l’aide aux aidants familiaux, de la fin des petites retraites et de l’égalité hommes-femmes. Aujourd’hui, un homme touche en moyenne une retraite de 1789 euros net, contre 1150 euros pour une femme ».

« La réforme doit être bouclée en juin 2020 »

Quelles ont été vos contributions personnelles au débat en tant que députée ?

C. V. : « Dans le système actuel, il existe une majoration de 10%, dès que vous avez un quatrième enfant. La réforme propose une majoration de 5% dès le premier enfant et pour chaque enfant. Dans ce cadre précis, je propose de réserver tous les points aux femmes, sauf cas particuliers.

Mon autre proposition est d’instaurer un bonus-malus sur les cotisations pour les entreprises qui gardent, ou qui virent, c’est selon, les seniors de plus de 55 ans. Plus vous incitez les entreprises à garder leurs seniors, plus ces derniers cotiseront pour la retraite. Le taux d’emploi des seniors est trop faible, seulement 52% des 55-64 ans sont actifs. C’est dix points en-dessous de la moyenne européenne.

Enfin, à cause de l’entrée de plus en plus tardive des jeunes dans la vie active, il faut permettre aux stagiaires de constituer des droits à la retraite dès les périodes de stage, tout en veillant à ne pas les pénaliser financièrement ».

Quel est le calendrier de la réforme ?

C. V. : « La concertation se terminera fin 2019, puis le projet de loi sera examiné par le Conseil d’État en février 2020, avant un débat au Parlement après les élections municipales. La réforme doit être bouclée en juin 2020 ».

Quelle concertation dans la région toulousaine ?
Corinne Vignon animera un atelier-débat sur « Le système de retraites de demain » à Quint-Fonsegrives (Haute-Garonne), vendredi 20 septembre 2019 à 19h. « Nous présenterons en détail le système actuel puis nous détaillerons le rapport Delevoye. Il y aura un temps de questions à la fin de la soirée et les prises de position seront remontées à Jean-Paul Delevoye. Ce sera le même fonctionnement que pour le Grand Débat National », indique la députée à Actu Toulouse.
La réservation à cette soirée est obligatoire au 05 61 27 88 94 ou par mail en cliquant ici.
Cette dernière sera présente au premier « Atelier citoyen » organisé par le député LREM de la 2e circonscription de Haute-Garonne, Jean-Luc Lagleize. Ce rendez-vous se déroule jeudi 3 octobre 2019 à la salle Duranti de Toulouse (6, rue du Lieutenant-colonel Pélissier), à 18h30.
Rappelons que le président de la République Emmanuel Macron entamera ce « Grand débat sur les retraites » à Rodez  (Aveyron), jeudi 26 septembre 2019.

Actu Toulouse

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