Corinne Vignon

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La députée haut-garonnaise Corinne Vignon souhaite interdire la vente de chiens et de chats dans les foires et salons. Elle estime que ces événements favorisent les achats impulsifs et exposent les animaux à des conditions incompatibles avec leur bien-être.

La vente de chiens et de chats dans les foires et salons sera-t-elle bientôt interdite ?

C’est en tout cas le souhait de la députée haut-garonnaise Corinne Vignon qui vient de déposer une proposition de loi à l’Assemblée nationale. La proposition de l’ex-présidente du groupe Bien-être animal à l’Assemblée nationale résulte de ses observations et de celles menées par les fondations.

Corinne Vignon et les organisations de défense des animaux estiment que les salons sont plus prompts à encourager les achats impulsifs.
Corinne Vignon et les organisations de défense des animaux estiment que les salons sont plus prompts à encourager les achats impulsifs. DDM ILLUSTRATION – DIDIER POUYDEBAT.

« J’ai rencontré de nombreuses associations, notamment la Fondation Brigitte Bardot, qui a mené une étude sur 37 salons en France. J’ai moi-même visité plusieurs fois le salon du chiot à Toulouse. On y retrouve toujours les mêmes exposants, souvent des éleveurs venus de très loin, parfois de Reims, avec des chiots transportés sur plus de 1 000 kilomètres. Ces animaux passent deux ou trois jours dans le bruit, la chaleur, manipulés par des centaines de visiteurs. Ce n’est pas une vie pour un chiot ! »

Hormis les conditions de transport et d’exposition, Corinne Vignon dénonce des animaux « à la limite de l’âge légal de vente » et des vaccins injectés trop tôt et donc moins efficaces.

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Surtout, insiste la députée, « beaucoup d’éleveurs antidatent le certificat d’engagement, pourtant obligatoire depuis la loi de 2021 sur la maltraitance animale. » Ce certificat impose sept jours de réflexion avant l’achat, pour éviter les achats impulsifs. Mais dans les salons, il est souvent signé le jour même, ce qui contrevient au délai de réflexion prévu par la loi.

Si la députée critique ces lieux de vente, c’est parce qu’ils s’inscrivent, selon elle, dans une logique avant tout commerciale : « Quand vous allez chez un éleveur, vous prenez le temps de réfléchir, de vous renseigner. En salon, c’est souvent un achat sur un coup de cœur, surtout quand les enfants insistent. Et c’est là que les abandons surviennent. Les animaux ne sont pas des marchandises. Ce n’est pas le salon du meuble ou du chocolat ! »

Des achats jugés « impulsifs »

Un constat partagé par Lorène Jacquet, responsable Campagnes et Plaidoyer pour la Fondation 30 Millions d’Amis. « La loi du 30 novembre 2021 a été une avancée historique pour la protection animale : elle a interdit la vente de chiens et de chats en animalerie et encadré davantage la vente en ligne. Mais elle n’a pas abordé les salons du chiot. Ces événements favorisent les achats impulsifs, sans réflexion préalable sur les besoins de l’animal ou la capacité du futur propriétaire à s’en occuper. »

Pour Lorène Jacquet, ces événements pourraient continuer d’exister, mais en se recentrant sur la promotion des produits et services liés aux animaux, sur la sensibilisation ou les échanges entre professionnels et particuliers.

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« Les éleveurs responsables préfèrent que les familles viennent directement sur place, dans les élevages, pour rencontrer les reproducteurs et comprendre les conditions d’élevage. C’est une démarche plus transparente et plus respectueuse du bien-être animal. »

En juin, la proposition sera présentée au bureau de l’Assemblée nationale. Si elle est acceptée, Corinne Vignon sera rapporteure du texte. Il passera ensuite en commission, puis en séance.

Sollicité par mail, le Syndicat national des professions du chien et du chat n’a pas encore répondu.

La Dépêche