Figure de la défense de la cause animale au Palais Bourbon, la députée Ensemble pour la République Corinne Vignon a déposé une proposition de loi visant à interdire la vente de chiens et de chats dans les foires et salons.
Une problématique que la parlementaire souhaite «endiguer». Depuis le 1er janvier 2024, la vente de chiens et de chats est interdite en animalerie, en application de la loi du 30 novembre 2021 visant à lutter contre la maltraitance animale.
Cependant, depuis ce texte, plus large, de nombreux parlementaires déplorent qu’aucune loi sur la cause animale n’ait été débattue au Parlement. «Ce n’est pas le sujet numéro 1 des parlementaires et je le regrette», a déploré la députée Ensemble pour la République de Haute-Garonne Corinne Vignon, dans un entretien accordé à CNEWS.
De ce constat, l’élue a déposé une proposition de loi afin d’interdire la vente de chiens et de chats dans les foires et salons. «Ces événements favorisent l’achat impulsif», a-t-elle dénoncé, pointant du doigt une forme de «click and collect» de «l’acquisition d’un être vivant».
Un non-respect du certificat d’engagement
Dénonçant des «salons négatifs», tout en faisant la distinction avec les salons esthétiques, Corinne Vignon a insisté quant aux conditions dans lesquelles les animaux seraient traités dans ces salons. «Ces chiens et ces chats sont baladés de salon en salon. Ils sont exposés pendant plusieurs jours dans des environnement bruyants et inadaptés à leurs besoins», a-t-elle rappelé. Des conditions de transport et d’exposition qui peuvent, en plus des problématiques sanitaires, «altérer la socialisation des jeunes animaux et compromettre leur intégration future dans les familles».
Selon la députée de Haute-Garonne, la vente d’animaux dans ces salons empêcherait l’acquisition du «certificat d’engagement». Mis en place par la loi de novembre 2021, celui-ci vise à «sensibiliser et responsabiliser les acquéreurs d’animaux de compagnie et les détenteurs d’équidés, notamment sur leurs besoins».
Il constitue ainsi un engagement à respecter les besoins de l’animal de la part du signataire. Il permet aussi «d’engager une réflexion autour de l’acquisition de l’animal» pour éviter les achats «coup de cœur».
Lutter contre l’importation
La députée, membre de la Commission de la défense à l’Assemblée nationale, défend, dans son texte, «la valorisation de l’élevage national de qualité», attaché «au bien-être animal et à la traçabilité».
Selon elle, les ventes dans ces foires et salons favorisent l’importation en provenance d’autres pays européens, où «les conditions sont très opaques» et les animaux «intraçables».
Le champion d’Europe des abandons
La France se classe dans le top 3 des pays européens en animaux de compagnie détenus. Selon des chiffres du ministère de l’Intérieur, l’estimation du nombre de chats et de chiens en France au sein des foyers est de 16,6 millions de chats et 9,9 millions de chiens en 2024.
Le pays figure cependant en tête du classement en ce qui concerne l’abandon. S’il n’existe pas de chiffre officiel, la Société protectrice des animaux (SPA) a estimé qu’environ 117.000 animaux avaient été abandonnés en France en 2024, selon une enquête menée auprès de 1.600 structures et 809 associations. Dans le détail, les chats seraient davantage pris en charge (74%) que les chiens (26%).
L’abandon est considéré comme un acte de malveillance passible de 3 ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende. Ces sanctions peuvent monter jusqu’à 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende si l’abandon a entrainé la mort de l’animal.


